Exposition Squiggle, Jean-Marc Scanreigh

Publié le : 29 janvier 20198 mins de lecture

Jean-Marc Scanreigh

Support en contre-plaqué, 30 x 40 cm. Technique mixte mêlant à des degrés divers gouache, encre de chine, mine de plomb, fusain, pierre noire, collages à partir d’estampes, de papiers de récupération.

À l’origine ce sont de banales planchettes de bois, des sous-main permettant aux étudiants de l’école d’art de Nîmes de prendre des notes. Objets si insignifiants que leur remplacement régulier pour cause de surcharge en graffiti passe inaperçu. A vrai dire l’infraction graphique est si vénielle que personne ne songe à la sanctionner.
A moins de prendre la sanction au sens de ratification ou de consécration. C’est bien ainsi que l’entend Scanreigh quand il récupère les planchettes juste avant leur passage à la benne. Il y ajoute sa griffe personnelle et fait revenir au bercail de l’art ce qui n’était qu’un simple délire graphique d’étudiants. Sous leur nouvel habillage, ces bois griffonnés réclament désormais leur part de visibilité.

Brassaï a su voir les graffiti et les photographier, Dubuffet ou Cy Twombly les ont mimés et les musées ne cessent de faire les yeux doux aux graffeurs urbains. Les planchettes de Scanreigh ont ceci de particulier qu’elles valorisent le défoulement d’artistes en herbe – clin d’oeil de l’aîné à la génération montante.

Le nom Squiggle est emprunté au psychanalyste anglais Donald Winnicott qui faisait du griffonnage interactif avec ses jeunes patients pour mieux les cerner.

L’artiste

Jean-Marc Scanreigh est né en 1950 à Marrakech. Peintre, dessinateur, graveur, éditeur d’estampes et de livres d’artiste, il expose depuis 1973. Conférencier à ses heures, il a co-écrit avec Françoise Biver des préfaces et des articles, entre autres pour Artpress. Après avoir enseigné à Saint-Etienne et Besançon, il est actuellement professeur à l’école des Beaux-Arts de Nîmes.

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Pérégrinations héxagonales …

Originaire d’Alsace, Scanreigh quitte Strasbourg après une première période prolifique (1973-78) couronnée par une exposition au musée de Strasbourg en 1976. Cinq ans plus tard, l’exposition-bilan «Après le Clacissisme» au musée Saint-Etienne (1980) clôture à la fois sa période abstraite et l’escale dans cette ville.

C’est la pratique de la sculpture et de la gravure qui ont fait évoluer Scanreigh vers un style figuratif en résonance avec le néoexpressionisme européen du début des années 80.

L’exposition de ses gravures avec Gäfgen, Kaminski et Lüpertz initiée par Fabrice Hergott en 1984 à Saint-Etienne entérine la mutation.
A Lyon, où il reste de 1983 à 2007, Scanreigh expose dans les galeries Jacques Verrière, J.L.J.Bertin, Françoise Moulin, Trait Personnel, Bal des Ardents, ArtScenik et L’Antilope.

En 1989, la recherche d’un nouvel atelier amène Scanreigh à rencontrer l’industriel et amateur d’art Gilles Blanckaert qui lui propose de s’installer dans les immenses espaces vacants de son usine à Villefranche-sur-Saône. Scanreigh obtient par ailleurs le soutien fidèle de plusieurs collectionneurs dans la région.
La bibliothèque de la ville de Lyon conserve le dépôt de ses estampes allant de 1973 à 1988.

Les fonds d’éditeurs Fata Morgana près de Montpellier et Michel Chomarat à la bibliothèque de Lyon possèdent également d’importants ensembles d’estampes, de livres, d’affiches originales et de dessins préparatoires. Cinq musées français (Strasbourg, Tulle, Gravelines, Belfort et Nîmes) ont consacré des expositions personnelles à Scanreigh parmi les 125 autres expositions personnelles dans le reste de l’hexagone et en particulier en Rhône-Alpes.

… et parisiennes

A Paris, en 1980, les Ateliers d’aujourd’hui du Centre Pompidou ont présenté les oeuvres abstraites de Scanreigh, et en 1984 La Fondation Nationale des Arts Graphiques et Plastiques (avec le Frac Rhône-Alpes) des oeuvres de la transition. Au début de années 90, la galerie Claudine Lustman, rue Quincampoix consacre trois expositions aux oeuvres les plus significatives de cette décennie, notamment les «palettes», des peintures sur bois de récupération avec divers collages ainsi qu’une série de formats ronds.

Une rétrospective Scanreigh (sculpture, peintures, estampes et livres d’artiste) s’est tenue dans les galeries d’art du théâtre de St-Quentin-en Yvelines. en 1998 saluée par Télérama.

Une quinzaine d’expositions personnelles parisiennes ont conduit le visiteur de la rue de l’Échaudé au boulevard St-Germain en passant par la rue de Buci et la rue St-André-des-Arts ; de la galerie Bonnfous-Murat (1993) ou de la galerie Graphes (1998, 2001, 2002) à la galerie-librairie Mouvements (1999) notamment pour de grandes encres érotiques, inspiration qui se retrouve alors dans nombre d’estampes ou de livres d’artiste notamment avec Bernard Noël, Michel Butor, Serge Gavronsky et Zéno Bianu…

En 2005 et 2006, la Librairie Nicaise, a présenté de manière originale des ensembles de gravures, des livres d’artistes et des carnets de dessins ainsi que des livres anciens aux pages entièrement dessinées.

Du côté des éditeurs d’art, les galeries Item édtions (1990) et Lacourière Frélaut (2003) ont exposé les estampes de Scanreigh. L’artiste sera également présent au Grand Palais pour les SAGA de 1988, 1990, 1991 et celui de 1998 à l’espace Eiffel, via les éditeurs Bucciali, Lacourière Frélaut, René Tazé et Item éditions.

A l’étranger

Le jeune Scanreigh abstrait expose dès 1973 sur la côte belge, dans ce qui s’appelle encore la RFA ainsi qu’à Genève. Puis ce sont les linogravures, les eaux-fortes et les lithographies qui circulent de Rekjavic à Taiwan en passant par Glasgow.

A la Foire Internationale de Bâle en 1984, sa peinture et sa sculpture sont présentées par la galerie J.L.J Bertin et en 1998 ce sont des oeuvres sur papier par Item éditions. Deux musées de la carte à jouer, celui de Leinfelden-Echterdingen en Allemagne et celui d’Issy-les-Moulineaux possèdent le surprenant Tarot qu’il a réalisé avec l’éditeur strasbourgeois Baby Lone.

A Buenos Aires, en 1991, Scanreigh soutient le lancement d’une exposition itinérante à travers l’Amérique latine pour promouvoir les graveurs français. L’année 1994 est riche en vernissages exotiques : Thessalonique et Seres en Grèce, Bucarest et les Philippines où Scanreigh participe à la création d’un atelier de lithographie à l’université de Manille.

Il y retourne l’année suivante pour achever le projet. L’Alliance Française de Manille lui consacre alors une exposition de gravures.

L’année 1995 le mène à Tétouan au Maroc. La Galerie Schweitzer à Luxembourg expose à plusieurs reprises le graveur et l’éditeur Scanreigh et en 1999, le peintre. En plein recomptage des voix entre Al Gore et George Bush en 2000, Scanreigh est à New York pour une exposition à la Columbia University. L’Institut français de Valencia en Espagne lui consacre en 2002 une très belle exposition de peinture.

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